Parler fait du bien. Mettre des mots sur sa souffrance est souvent la première étape indispensable pour aller mieux. Pourtant, beaucoup de personnes finissent par ressentir un blocage, comme si elles tournaient en rond.
Elles sont capables d'expliquer exactement pourquoi elles sont anxieuses ou pourquoi elles répètent les mêmes erreurs en amour. Elles ont compris que cela vient de leur enfance, d'un parent absent ou d'un choc émotionnel passé. Leur tête a tout compris. Mais dans leur vie de tous les jours, la douleur ou la peur sont toujours là. Pourquoi ?
La tête comprend, mais le corps retient
Pour faire simple, notre cerveau a deux grandes façons de fonctionner : la partie qui réfléchit (la logique, l'analyse, la parole) et la partie qui ressent (les émotions, l'instinct de survie, le corps).
Quand on va voir un psychologue classique et qu'on raconte son histoire, on utilise presque uniquement la partie logique. On fait le tri dans ses souvenirs. Le problème, c'est que les traumatismes et les grandes peurs ne sont pas rangés dans cette "boîte logique". Ils sont bloqués dans le corps et dans le cerveau émotionnel.
C'est comme essayer de réparer le moteur d'une voiture (le corps) en ne faisant que repeindre la carrosserie (la parole). Le médecin psychiatre Bessel van der Kolk le résume parfaitement dans une phrase très connue : "Le corps n'oublie rien." Une peur panique ou une tristesse profonde ne se raisonne pas, car elle est physique.
Quand trop réfléchir devient une cachette
Parfois, le fait de parler de ses problèmes pendant des années devient même un piège. C'est ce qu'on appelle l'intellectualisation.
Au lieu de ressentir la tristesse ou la colère (ce qui est désagréable et effrayant), notre mental va préférer analyser cette émotion. Il va créer de longues histoires, chercher des coupables, décortiquer le pourquoi du comment. En faisant cela, l'esprit nous donne l'illusion qu'on gère le problème, alors qu'en réalité, on utilise la pensée comme un bouclier pour éviter de ressentir la vraie douleur.
"Notre mental préférera toujours analyser un problème pendant 10 ans plutôt que de pleurer et libérer la douleur pendant 10 minutes."
Passer par le corps pour se libérer
Si discuter ne suffit plus, comment faire ? Il faut réussir à contourner l'esprit qui réfléchit trop. C'est exactement le but des approches qui utilisent le corps, comme la Respiration Holotropique.
En utilisant des techniques de respiration précises, on met le mental sur "pause". On arrête de réfléchir. Et quand la tête arrête de faire barrage, le corps peut enfin s'exprimer. Les émotions coincées depuis des années remontent toutes seules à la surface. Le corps se met à relâcher la pression (par des pleurs, des rires, des tremblements ou simplement une immense détente).
Comprendre son passé est utile pour faire la paix avec. Mais pour véritablement guérir et changer, il faut accepter de redescendre dans le corps et de libérer ce qui y est enfermé.
Pour aller plus loin (Sources) :
- Bessel Van der Kolk (Psychiatre) : Le corps n'oublie rien. Un livre fondateur qui prouve que les chocs émotionnels s'inscrivent physiquement dans notre corps.
- Peter Levine (Docteur en psychologie) : Réveiller le tigre. Il y explique comment les animaux dans la nature évacuent le stress par le corps (en tremblant) pour ne pas rester traumatisés, et comment les humains ont oublié de le faire.
- Stanislav Grof (Psychiatre) : Créateur de la Respiration Holotropique, prouvant que les états modifiés de conscience permettent des guérisons inaccessibles par la simple parole.
Prêt à arrêter de tourner en rond ?
Découvrez comment la Respiration Holotropique peut vous aider à débloquer ce que l'intellect retient.
Découvrir l'accompagnement